Déclaration à l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation, le 8 septembre

Lors de sa quatorzième session et lors de sa conférence générale tenue le 26 octobre 1966, l’UNESCO a déclaré le 8 septembre de chaque année Journée internationale de l’alphabétisation dans le but de rappeler à la communauté internationale l’importance de l’alphabétisation en tant que question de dignité humaine et de respect des droits de l’homme, de souligner les progrès réalisés et de souligner la nécessité d’intensifier les efforts visant à rendre les sociétés plus alphabétisées en lecture et en écriture.
Afin de garantir que personne ne soit laissé de côté, l’UNESCO a décidé de commémorer cette année la Journée internationale de l’alphabétisation sous le thème « Changer les structures d’apprentissage pour l’alphabétisation », une opportunité au cours de laquelle l’UNESCO appelle tous les acteurs du domaine de l’éducation et au-delà à réimaginer l’importance fondamentale de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, à renforcer la résilience et à garantir l’offre d’une éducation de qualité, équitable et inclusive pour tous.
L’analphabétisme reste une préoccupation mondiale, car 771 millions de jeunes et d’adultes dans le monde n’ont toujours pas les compétences de base en lecture et en écriture, dont 60 % sont des filles et des femmes, selon l’UNESCO. La pandémie de Covid-19 a exacerbé le problème, en raison de la fermeture des écoles et de l’arrêt des programmes d’alphabétisation, qui ont particulièrement touché les groupes vulnérables, alors que les taux d’abandon scolaire ont augmenté. Selon l’UNESCO, près de 24 millions d’apprenants, dont 11 millions de filles et de jeunes femmes, ne pourront probablement pas reprendre leur scolarité formelle à la suite de la pandémie.
Quant au Maroc, selon le dernier rapport du Haut-Commissariat au Plan pour l’année 2021 intitulé « Les femmes marocaines en chiffres », le taux d’alphabétisation des adultes âgés de 15 ans et plus sachant lire et écrire a atteint 64,1% en 2019, alors que ce pourcentage ne dépasse pas 53,9% pour les femmes, et le taux d’alphabétisation diminue pour les adultes de 50 ans et plus, atteignant 37,8%. (23,5% pour les femmes), malgré les profondes disparités que cachent ces chiffres selon les régions, les régions et les mondes rural et urbain. Ces chiffres confirment l’échec de tous les programmes d’alphabétisation mis en œuvre il y a des décennies, alors que de nombreux pays, malgré les conflits, les guerres civiles et l’occupation qu’ils ont connu ou connaissent, comme la Palestine, ont vaincu ce fléau, soit en l’éliminant complètement, soit en le réduisant dans une large mesure. En outre, les taux d’abandon scolaire se sont aggravés pendant la période pandémique après la fermeture des écoles, ce qui a exacerbé les inégalités d’accès à l’éducation et augmenté les taux d’abandon scolaire.
Le Bureau Central de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme, commémorant la Journée Internationale de l’Alphabétisation, déclare :
On considère que l’alphabétisation et le calcul font partie du droit à l’éducation en tant que bien public et condition fondamentale pour la jouissance des autres droits de l’homme, et constituent une obligation pour le Maroc en vertu des conventions internationales des droits de l’homme qu’il a ratifiées. Il constitue également l’engagement politique du Maroc en faveur des Objectifs de développement durable, en particulier l’Objectif 4, « Assurer à tous une éducation de qualité, équitable et inclusive, et promouvoir les opportunités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous », d’ici 2030, et notamment l’Objectif 6, qui stipule « Veiller à ce que tous les jeunes et une grande proportion d’adultes, hommes et femmes, soient alphabétisés en lecture, en écriture et en calcul d’ici 2030 ».
Le taux toujours élevé d’analphabétisme au sein de la société marocaine est considéré comme une violation flagrante de la dignité des citoyens et citoyennes qui en souffrent, car ils sont plus exposés que les autres à la privation de droits fondamentaux tels que le droit à un travail décent, à la santé et à l’alimentation pour eux-mêmes et leurs familles, et le droit de participer à la vie publique de leur pays ;
– APPELLE à ce que toutes les mesures administratives et financières soient prises pour accélérer l’activation de la loi réglementaire n°26-16 relative à la définition des étapes d’activation du caractère officiel de la langue amazighe et à son intégration dans le domaine de l’éducation et les domaines prioritaires de la vie publique, à l’horizon de son amendement, et pour permettre à la langue amazighe d’occuper la place qu’elle mérite, et pour lier l’alphabétisation et l’amélioration de l’alphabétisation à l’adoption de la langue maternelle et des langues autochtones comme l’une des conditions fondamentales de réussite de toute stratégie d’alphabétisation dans notre pays. pays, conformément au slogan Un précédent pour l’UNESCO, et en application de la recommandation émise par le Comité des Nations Unies contre toutes les formes de discrimination raciale, contenue au paragraphe 11 de son rapport final suite à son étude des 17ème et 18ème rapports soumis au Comité lors de sa 77ème session tenue entre le 2 et le 27 août 2010, par lequel il appelle le Maroc à éradiquer l’analphabétisme en langue amazighe de ses locuteurs ;
– Confirme l’échec de la stratégie nationale de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme 2017-2021 dans la réalisation des objectifs qu’elle s’est fixés, et considère que le rythme de la lutte contre l’illettrisme se caractérise par la lenteur et menace l’échec de l’État à atteindre le quatrième objectif des objectifs de développement durable, en particulier l’objectif 6 de celui-ci ;
– appelle l’État à respecter ses obligations internationales au titre des accords qu’il a ratifiés et à prendre les mesures nécessaires avec le maximum de ressources afin de garantir le droit à une éducation équitable et complète pour tous et de promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous, en particulier l’éradication de l’analphabétisme des jeunes et des adultes et l’élimination du décrochage scolaire, qui constitue un facteur essentiel de la propagation continue de l’analphabétisme ;
– Déplore la corruption administrative et financière, qui est l’une des principales raisons de l’échec de tous les projets éducatifs, avec une impunité totale pour les personnes impliquées dans la corruption, les pots-de-vin et le pillage de l’argent public ;
On considère que l’adoption d’une approche de genre dans les politiques publiques dans le domaine de l’alphabétisation est une nécessité absolue pour mettre fin à ce à quoi les femmes sont plus fortement exposées en raison de la propagation de l’analphabétisme parmi elles et de la discrimination et de la privation du droit de participation qui en résultent.
À propos du bureau central
Rabat le 10 septembre 2022

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الجمعية المغربية لحقوق الإنسان