A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau… l’association témoigne de la négligence continue de l’État à l’égard des secteurs économiques vitaux, des ressources minérales et des sources d’eau.

L’État poursuit sa politique de privatisation et de fourniture de services aux capitaux étrangers et locaux : en négligeant les secteurs économiques vitaux, les ressources minérales et les sources d’eau, en ciblant les secteurs fonciers et sociaux, avec des lois coloniales et monopolistiques qui contredisent ses obligations internationales dans le domaine des droits de l’homme.
Les Nations Unies célèbrent la Journée mondiale de l’eau, qui tombe le 22 mars de chaque année, après avoir été approuvée par l’Assemblée générale en décembre 1992, pour attirer l’attention sur l’importance fondamentale de cette substance pour la vie et pour éveiller la conscience du monde, en particulier des gouvernements, pour qu’elle soit correctement gérée et gérée de manière à permettre sa durabilité et sa non-pollution, et à travailler collectivement pour réduire les causes du changement climatique, qui conduit à la rareté des précipitations dans de nombreuses régions du monde et à des inondations et des catastrophes dévastatrices. tempêtes dans d’autres endroits.
Bien qu’il soit habituel que la célébration internationale se contente de publier un rapport annuel sur la situation de l’eau dans diverses régions du globe et sur la manière de développer et de gérer ses ressources, la célébration de cette année est organisée par une conférence internationale, qui se tiendra du 22 au 24 mars 2023, au Tadjikistan, pays en amont, et aux Pays-Bas, pays en aval, et réunira des gouvernements, des entreprises, des banques, la société civile, des jeunes, des femmes, des peuples autochtones et diverses institutions liées au sujet. Il est prévu que la conférence abordera les crises liées à trois axes : « l’excédent d’eau » résultant des inondations et des tempêtes, la « pénurie d’eau », le problème de la sécheresse et de la rareté des eaux souterraines, et la « pollution excessive de l’eau » due au changement climatique et à la pollution de l’environnement.
À l’heure où les efforts s’intensifient au niveau international et où les esprits s’efforcent d’assurer l’avenir des générations futures dans un environnement sain, propre et durable, en partant du principe de non-marchandisation de la terre, de l’eau, de toutes les ressources naturelles et de tous les services sociaux, comme ce fut le cas chez de nombreux peuples autochtones cités par les experts internationaux, le Maroc choisit la direction opposée et accélère ses démarches de transfert des secteurs publics vitaux vers le capital privé, considéré comme un objectif « supérieur » au profit et indifférent ni à la vie humaine ni à la nature.
Ainsi, après la politique systématique menée dans les domaines de la santé publique et de l’éducation, qui vise à les détruire par la privatisation, la négligence des infrastructures, le mauvais équipement et le mépris des travailleurs, la situation des professeurs contractuels, des médecins et médecins, des médecins et des médecins, et de tous les travailleurs hospitaliers n’est qu’un exemple de cette politique, qui n’exige ni détail ni effort de réflexion pour la comprendre. On peut seulement et simplement regarder la pénurie de ressources humaines et du système salarial. Pour y parvenir, l’État, en retour, encourage le secteur privé à travers des exonérations fiscales et autres. Après la privatisation d’un ensemble de propriétés publiques et de nombreuses sources d’eau minérale, vient le tour du transfert des terres communales à travers les lois coloniales, comme la loi n° 17-62 relative à la tutelle administrative des groupes dynastiques et à la gestion de leurs biens. Cette politique culmine avec la promulgation du projet de loi n°21-83 visant à transférer les secteurs de l’eau, de l’électricité et de la désinfection des liquides vers des « entreprises régionales multiservices » ouvertes au privé, tandis que l’État conservera temporairement 10 % de son capital.
Le Bureau Central de la association marocaine des droits de l’homme, rappelant les dimensions et les objectifs du sixième objectif des Objectifs de Développement Durable relatif à « l’Eau et la Santé », l’Observation Générale n°15 sur le droit à l’eau contenue dans les articles 11 et 12 du Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels, et le reste des références internationales pertinentes, déclare :
1- Il s’étonne de la priorité obtenue par le Maroc dans la signature des conventions internationales dans le domaine des droits de l’homme, et des discours officiels et des campagnes médiatiques qui l’accompagnent promouvant son respect des droits de l’homme et l’accomplissement de ses obligations, alors que la réalité et l’orientation prise par les politiques publiques et les lois qui sont émises attestent du contraire de ce qui est déclaré dans le cadre de l’hypocrisie politique, qui constitue une approche et un comportement que les Marocains connaissent depuis l’Antiquité ;
2- Il s’interroge sur la contradiction entre ce qui se passe, d’une part, en termes de vente des biens publics, d’augmentation des recettes fiscales, et d’augmentation des prix, des ventes et des bénéfices du phosphate… ; D’autre part, on a recours à la dette extérieure et aux demandes d’aide internationale, au lieu d’utiliser les capacités nationales, ce qui accroît l’hypothèque des capacités de notre pays envers les institutions financières internationales, accroît l’asservissement et la dépendance et ouvre la voie à l’exploitation des richesses de notre pays par les cercles capitalistes qui cherchent à les piller.
3- Il constate avec étonnement l’empressement du gouvernement à mettre en œuvre un projet visant à aliéner les secteurs de l’eau, de l’électricité et de la désinfection des liquides pour les soumettre à la logique du marché monopolistique, à travers lequel les prix sont déterminés selon la logique de l’offre et de la demande, ce qui ouvre la voie à soumettre chacune des douze régions à la domination du capital, sans tenir compte des grandes disparités d’abondance ou de rareté de l’eau entre les régions ; Cela nécessite de rendre le Conseil de la concurrence responsable de son rôle et de ses missions, d’autant plus que ce projet soutient le monopole et intervient à un moment où certains médias, rapports institutionnels et associations civiles parlent d’une augmentation du niveau de corruption aux plus hauts niveaux de responsabilité dans la gestion des affaires publiques.
4- Appelle le Conseil de la concurrence à exercer ses pouvoirs, comme le prévoit la loi 13-20, qui stipule dans son article premier que le Conseil est « un organe indépendant chargé, dans le cadre de la régulation de la concurrence libre et légitime, d’assurer la transparence et l’équité des relations économiques, notamment en analysant et en contrôlant la situation de la concurrence sur les marchés, et en surveillant les pratiques qui les contredisent, les pratiques commerciales illégales et les processus de concentration et de monopole économiques ».
5- Il affirme sa demande, contenue dans de nombreuses correspondances, déclarations et communications, relative à l’abandon de la politique de privatisation des secteurs sociaux, en premier lieu les secteurs de la santé et de l’éducation, et au retrait de la loi n° 17-62 relative à la tutelle administrative des groupes ancestraux et à la gestion de leurs biens, et exige le retrait du projet de loi n° 21-83 relative aux entreprises régionales multiservices, à travers laquelle l’État cherche à faire de l’eau, de l’électricité et de la désinfection des liquides des biens rentables pour les entreprises privées, au au détriment des droits des citoyens et citoyennes à bénéficier de ces services sociaux publics ;
6- Il attire l’attention sur le sérieux de l’approche adoptée par l’État dans le domaine de l’accumulation de la dette extérieure et appelle toutes les forces démocratiques et vivantes à se mobiliser, à être vigilantes et à lutter contre la politique d’hypothèque de notre pays auprès des institutions financières capitalistes, et à annuler la privatisation des secteurs sociaux, en les rendant publics et non marchands, et à lutter contre la corruption et éviter l’impunité ;
7- Il appelle l’État à remplir ses obligations internationales dans le domaine des droits de l’homme et lui demande d’abandonner le double langage et de décorer la façade, alors que les droits civils et politiques, les droits économiques, sociaux, culturels, environnementaux et autres sont dans une situation de détérioration, qui continue de se détériorer d’année en année, d’une manière qui ne peut être cachée et dissimulée, en restreignant la liberté d’opinion et d’expression et en empêchant le droit de protestation et de manifestation pacifiques.

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