Déclaration de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme concernant les manifestations à Figuig

 

Déclaration de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme concernant les manifestations à Figuig

Pour le droit de gérer de manière indépendante leurs ressources en eau

Les habitants de la ville de Figuig et de ses environs sont engagés dans une série de manifestations pacifiques, entrecoupées de grèves distinctes et d’une grève générale, pour exprimer leur rejet de la décision du conseil collectif qui stipule que le groupe doit adhérer à la société régionale (Groupe Al-Sharq Distribution), qui sera déléguée pour gérer les installations d’eau. Contre la volonté de cet habitant et en violation flagrante d’un héritage ancré dans la vie sociale et culturelle de la région. En effet, l’approvisionnement en eau potable et d’irrigation des oasis, notamment des palmeraies, est resté pendant de nombreuses générations successives la propriété de la population et une affaire locale gérée par la communauté en partenariat avec les citoyens. Le prix du raccordement au réseau d’eau à Figuig est actuellement estimé à huit cent soixante-dix dirhams (870 dirhams) par maison.

Il ressort des données disponibles que la présidence du conseil collectif de la ville a tenté, lors de la séance tenue le 26 octobre 2023, de faire adopter la décision d’arrêter la gestion de l’eau, par l’adhésion de la communauté au Groupe Distribution Est, mais cette décision a été rejetée à l’unanimité par l’ensemble des conseillers collectifs. Lors d’une séance extraordinaire convoquée par l’autorité régionale, le 1er novembre de la même année, neuf conseillers collectifs voteront en faveur de la décision, contre huit qui ont voté contre.

L’Association Marocaine des Droits de l’Homme, rappelant la Résolution n°64/292 de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le droit de l’homme à l’eau et à l’assainissement, du 28 juillet 2010, dans laquelle elle reconnaît l’importance de « que chacun ait un accès égal à l’eau potable et à l’assainissement, car cela fait partie intégrante de la réalisation de tous les droits de l’homme », et souligne à travers elle la responsabilité de l’État pour y parvenir ;

Elle rappelle ce que le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a déclaré dans son Observation générale n° 15 sur le droit à l’eau en 2002, à savoir que « l’eau doit être traitée comme un service social et culturel et non principalement comme un bien économique », et que l’obligation de respecter exige des États parties au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de « s’abstenir… de toute entrave directe ou indirecte à la jouissance du droit à l’eau. Cette obligation inclut, entre autres choses, de s’abstenir…d’ingérence arbitraire dans les arrangements coutumiers ou traditionnels de distribution d’eau… »; Et ce que j’ai mentionné au paragraphe 48 du commentaire, dans l’aspect lié à la législation, aux stratégies et aux politiques à suivre lors de leur mise en œuvre au niveau national, qui stipule que « lors de la formulation et de la mise en œuvre des stratégies et plans d’action nationaux pour l’eau, les principes de non-discrimination et de participation de la population doivent être respectés.Le droit des individus et des groupes de participer aux processus décisionnels qui affectent leur exercice du droit à l’eauUne partie intégrante de toute politique, programme ou stratégie relative à l’eau. » ;

Il exprime ce qui suit :

– Sa solidarité de principe inconditionnelle avec les habitants de la ville de Figuig dans leur mouvement de protestation pour annuler la décision collective dont la légitimité est contestée et qui remet en cause ce que ses coutumes et contrats sociaux de longue date ont fixés en matière de gestion de ses ressources en eau dans divers aspects de sa vie quotidienne ;

–    Son soutien à toutes les formes de lutte entreprises par les habitants de la région, que ce soit à travers son antenne régionale, ses antennes locales de l’Est, ou à travers son bureau central ;

– Elle appelle l’Etat à intervenir auprès des autorités locales pour les contraindre à répondre en urgence aux demandes de la population, conformément aux obligations internationales du Maroc en matière de protection, de respect et de promotion des droits de l’homme ;

– Son rejet catégorique et absolu de la poursuite par l’État de sa politique visant à marchandiser tous les services sociaux et à privatiser tous les équipements publics vitaux, en promulguant un certain nombre de mesures et de lois, dont la plus récente est la loi n° 83.21 relative à la création d’entreprises régionales multiservices pour gérer les services d’eau, d’électricité, de désinfection des liquides et d’éclairage, dont fait partie l’entreprise régionale (Groupe de distribution Al-Sharq).

Bureau central :

Rabat, le 27 janvier 2024.

 

 

 

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