Communiqué des Ong sur les violations à la frontiére Greco-Turque

05/03/20 11:53

عام

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Une coalition contre les violences aux frontières


Nous déposerons plainte contre la Grèce et l’UE pour les violations des droits des personnes migrantes et réfugiées fuyant la Turquie

[FR] : http://www.migreurop.org/article2960

Ces derniers jours, les violations des droits des migrant·e·s et réfugié·e·s qui cherchent à accéder au territoire européen via la Grèce ont pris une tournure dramatique. Si les violences contre les exilé·e·s atteignent aujourd’hui un niveau inouï, les conditions de cette escalade ont été posées par les dirigeants européens depuis plusieurs années. En 2015, l’Union européenne (UE) a introduit son « approche hotspot », obligeant l’Italie et la Grèce à trier les migrant·e·s et réfugié·e·s arrivant sur leurs côtes. En mars 2016, l’UE a signé un arrangement avec la Turquie qui, pour un temps, a permis de contenir de nouvelles arrivées. Sans surprise, ces dispositifs ont transformé les îles grecques en prisons à ciel ouvert et exacerbé la catastrophe humanitaire aux frontières grecques. La coopération avec la Turquie – largement dénoncée par la société civile –, s’effondre aujourd’hui, alors que les autorités turques, cherchant à faire pression sur l’UE, poussent les personnes migrantes et réfugiées en sa direction.

Pour empêcher l’arrivée d’un plus grand nombre d’exilé·e·s – principalement Syrien⋅ne·s – fuyant la guerre et maintenant les menaces turques, les agents grecs ont déployé un niveau de violence inédit, rejoints par une partie de la population. En mer, les garde-côtes coupent la route aux bateaux des migrant·e·s et réfugié·e·s, tirant en l’air et blessant certain·e·s passager·e·s.[1] Un enfant s’est noyé durant la traversée[2]. Sur terre, les refoulements à la rivière Evros ont continué. Une vidéo - qualifiée de « fake news » par les autorités grecques[3] mais  vérifiée par Forensic Architecture - montre un réfugié syrien tué par balle alors qu’il tentait de traverser la rivière.[4] Par ailleurs, les militant⋅e·s, agissant en solidarité avec les personnes migrantes et réfugiées sont criminalisé⋅e·s et attaqué⋅e·s par des groupes d’extrême droite.[5] Des violations graves sont en cours et les principes de base du droit d’asile sont foulés au pied.  

Cette violence vise à envoyer un message simple aux migrant·e·s et réfugié·e·s potentiel·le·s, celui que le ministère des Affaires Étrangères a exprimé via Twitter : « Personne ne peut traverser les frontières grecques ».[6] Cette politique grecque de fermeture des frontières[7] est soutenue par l’UE. Charles Michel, président du Conseil européen, a ainsi encensé les efforts des Grecs pour « protéger les frontières de l’Europe »[8]. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a qualifié la Grèce de  « bouclier européen » - suggérant ainsi que les personnes migrantes et réfugiées constituent une menace physique pour l’Europe.[9] Enfin, l’agence européenne Frontex va déployer une intervention rapide dans la zone.[10] La Grèce et l’UE sont ainsi prêtes à recourir à tous les moyens pour tenter de dissuader les migrant·e·s et réfugié·e·s et empêcher la répétition des arrivées en grand nombre de 2015 – et la crise politique qu’elles ont générée à travers l’Europe.

Nous condamnons fermement l’instrumentalisation des migrant·e·s et réfugié·e·s par la Turquie et par l’UE. Aucun objectif politique ne peut justifier de telles exactions. Il est révoltant que des personnes fuyant la violence se trouvent exposées à de nouvelles violences commises par les États européens dont le cynisme et l’hypocrisie culminent. Nos organisations s’engagent à joindre leurs efforts pour forcer les États à rendre compte de leurs crimes. Nous documenterons ainsi les violations des droits des migrant·e·s et réfugié·e·s et déposerons plainte contre ceux qui en sont responsables. Nous soutenons également celles et ceux qui sont de plus en plus criminalisé·e·s pour leur solidarité.

Nos efforts visent à utiliser tous les outils d’investigation et du droit pour faire cesser la violence d’État, en finir avec la multiplication et la banalisation des pratiques de refoulement en Grèce, et ailleurs aux frontières de l’Europe. Les migrant·e·s et réfugié·e·s ne sont pas une menace face à laquelle l’Europe doit ériger un bouclier, mais sont eux même menacés par la violence des États tout au long de leurs trajectoires précaires. Nous utiliserons les outils du droit pour tenter de les protéger contre cette brutalité.

Premières organisations s’étant jointes à la coalition:

  • Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme
  • Avocats Européens Démocrates
  • Borderline Europe Human Rights without Borders
  • Forensic Architecture and Forensic Oceanography
  • Forschungsgesellschaft Flucht und Migration
  • Global Legal Action Network
  • HIAS Greece
  • HumanRights360
  • Legal Team Italia
  • Medico international
  • Migreurop
  • PRO ASYL
  • Progressive Lawyers Association
  • Refugee Support Aegean
  • Sea-Watch
  • WatchTheMed Alarm Phone
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A coalition to “shield” migrants and refugees against violence at the borders
 
We will hold Greece and the EU accountable for the violations of the rights of migrants and refugees fleeing Turkey


Over the last days, violations of the rights of migrants and refugees seeking to access EU territory via Greece have escalated to a new extreme. The conditions for such an escalation have long been in the making. In 2015, the EU introduced the “hotspot” approach, imposing on Italy and Greece the sorting of migrants and refugees arriving on their shores. In March 2016, the EU signed an agreement with Turkey, which for a time, allowed to contain crossings. Yet the twin developments transformed Aegean islands into open-air prisons and exacerbated a humanitarian catastrophe at Greece’s borders. And the untenable cooperation with Turkey – denounced by civil society - is now unsurprisingly breaking down, with Turkish authorities seeking to pressure the EU by sending migrants and refugees in its direction.

In the aim of stemming the increasing arrivals of mostly Syrian exiles fleeing war and now the threats of Turkish authorities, Greek agencies have resorted to a new level of violence – and have been joined in them by segments of the population. At sea, the Greek coast guard have blocked the route of migrants and refugee boats, shooting in the air and even wounding passengers,[1] and a child has drowned.[2] On land, push-backs across the Evros river have continued, and video footage –labelled as “fake news” by the Greek authorities[3] but now verified by Forensic Architecture - shows a Syrian refugee being shot dead.[4] Finally activists acting in solidarity with migrants and refugees are being criminalised and attacked by far-right groups.[5] Grave violations are ongoing and the most fundamental principles of asylum law are being shunned.


Greek authorities are sending a simple message to potential migrants and refugees, one that the Greek foreign ministry conveyed on twitter: "no one can cross the Greek borders".[6] Greece’s policy of closure[7] has also received the backing of the EU. Charles Michel, President of the European Council, has applauded Greek efforts “to protect the European borders”[8] while Ursula von der Leyen, European commission president, has referred to Greece as a “European shield” – thus suggesting that unarmed migrants and refugees constitute a physical threat to Europe.[9] Finally, Frontex, the European border agency, is preparing “a rapid border intervention” squad.[10] In short, Greece and the EU appear ready to resort to any means necessary to deter migrants and refugees and prevent the repetition of the 2015 large-scale arrivals in Europe – and of the European-wide political crisis it triggered.

We firmly condemn the instrumental use of migrants and refugees by the EU and Turkey, and the Greek and EU operations deployed to prevent them from reaching European soil. No policy aim can justify such gross violations. Exiles fleeing violence must not face the violence of borders while they seek protection. Our organisations are joining their efforts to hold states accountable for their crimes. We plan to document and take legal action against those responsible for the violations of migrants and refugees’ rights, as well as those of activists acting in solidarity with them. We will employ our investigative and legal instruments to block state violence and reverse the deeply worrying trend towards the multiplication of push-backs in Greece,  – a trend observable to different degrees across the EU’s shifting borders. Migrants and refugees are not a threat the EU should shield itself against, but are themselves threatened by state violence all along their precarious trajectories. We aim to use the tools of human rights to shield migrants and refugees from the brutality targeting them.

First organisations to join the coalition:
  • Borderline Europe Human Rights without Borders
  • European Association for the defence of Human Rights
  • European Democratic Lawyers
  • Forensic Architecture and Forensic Oceanography
  • Forschungsgesellschaft Flucht und Migration
  • Global Legal Action Network
  • HIAS Greece
  • HumanRights360
  • Legal Team Italia
  • Medico international
  • Migreurop
  • PRO ASYL
  • Progressive Lawyers Association
  • Refugee Support Aegean
  • Sea-Watch
  • WatchTheMed Alarm Phone



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